La loi de finances pour 2026 a enfin été adoptée, non sans mal. Comme l’an dernier, il a fallu au gouvernement recourir au fameux article 49.3 et compter sur l’abstention d’une partie de l’opposition pour ne pas tomber sous les différentes motions de censure déposées et pour adopter ce texte si symbolique de l’action des pouvoirs publics. Une abstention obtenue au prix de nombreux compromis qui ont conduit à une loi de finances tiède, peu ambitieuse et marquée par des renoncements notables. Le plus emblématique étant, pour les chefs d’entreprise, l’abandon de l’avancement de 2 ans de la suppression progressive de la CVAE. Prévue dans le projet initial, l’accélération du calendrier de suppression de cet impôt de production n’a ainsi pas survécu aux besoins de financements publics, pas plus que la baisse de la surtaxe sur les grandes entreprises sans laquelle tenter de réduire le déficit à hauteur de 5 % du PIB faisait figure de mission impossible. Finalement, la loi de finances pour 2026 n’apporte pas de grands bouleversements, mais introduit modestement quelques mesures techniques reconduisant notamment certains dispositifs temporaires comme la déductibilité de l’amortissement des fonds commerciaux ou certains crédits d’impôt adoptés l’an dernier. En matière de fiscalité personnelle, on peut noter, en revanche, la création tant attendue et annoncée du statut de bailleur privé ainsi que l’introduction d’une autre mesure très discutée par les chefs d’entreprise, la fameuse taxation des sociétés holding. Deux véritables nouveautés sur lesquelles nous reviendrons dans le détail lorsque nous vous présenterons cette loi de finances dans un prochain numéro !